Troubles du comportement alimentaire, Pancréatite chronique :
Deux exemples de cas concrets

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Anna, 22 ans, troubles du comportement alimentaire


Cette prise en charge a représenté le cas idéal dans le cadre d'un régime de type Hygiène de vie : perte de graisse mais pas de muscle, taille et hanches fortement affinées, pas de fatigue pour la patiente qui est désormais totalement autonome sur son alimentation au quotidien.


Anna est une jeune femme qui consultait pour la première fois de sa vie une diététicienne pour un problème de surpoids. Son histoire personnelle explique en grande partie un IMC - Indice de Masse Corporelle - en yo-yo depuis une petite dizaine d'années : une adolescence à l'étranger dans un pays d'Europe de l'Est, une éducation très stricte reçue de ses parents, beaucoup d'activités sportives, puis un retour en France pour passer son baccalauréat.

Anna a pris rapidement un rythme de vie chaotique, marqué en particulier par de mauvaises habitudes alimentaires dont un grignotage compulsif.

Avec le début de sa vie professionnelle, et une vie en couple depuis 2 ans et demi,- et une vie de nouveau très sédentaire,  elle est désormais de nouveau en surpoids.

Anna a une taille d'1m65. Depuis son adolescence, son poids le plus bas a été de 55 kg, son plus haut à 78 kg.

Pour sa première consultation, son poids était de 76,8 kg, avec un IMC de 30,0. Son tour de taille s'établit à 80 cm , son tour de hanche 108 cm.

Son objectif de poids tel que nous l'avons défini est en dessous de 60 kg. Anna a bénéficié d’une perte de poids régulière, sans aucune reprise de kilo, ni perte de motivation. Elle a perdu 10cm de tour de taille et de tour de hanche, des résultats immédiatement visibles sur sa silhouette :


DatePoids (kg)Tour de taille (cm)Tour de hanche (cm)IMC
1er mars76,88010828,2
29 mars72,27710825,0
15 avril71,574107,524,7
6 mai68,873,5102,523,8
10 juin66,7729923,1
4 juillet65,8719922,8
11 août64,8709922,4
9 sept.63,8709822,1



Il y a eu perte de masse graisseuse bien plus que muscles, ce qui n'aurait pas été le cas en effectuant un régime restrictif ou déséquilibré.

Il n’y a pas eu de privation : la patiente mange tous les groupes d’aliments en bonne proportion, elle ne se plaint pas de fatigue, n'a pas de troubles intestinaux, pas de dépression et les résultats obtenus lui donnent une satisfaction personnelle énorme.

Anna sait désormais elle-même équilibrer son allimentation. Elle est passée d'un stade de pré-obésité à la minceur :  un IMC de 22 rentre dans la topologie normale basse.


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Xavier, pancréatite chronique avec diabète de type 1


Il s'agit d'un cas remarquable, où le suivi psychologique a été fondamental pour la réussite de cette prise en charge :  le patient a pris conscience qu'une hygiène de vie adéquate allait lui permettre de reprendre une vie sans contraintes lourdes en adaptant son alimentation en fonction du traitement insuline de son diabète de type 1.


Xavier est un patient de 38 ans, vivant en couple, sans enfant et fumant un paquet de cigarette par jour. C'est un patient jeune, réceptif malgré un parcours de vie difficile. En effet, il est atteint d'une pancréatite chronique calcifiante qui a évolué en diabète insulinodépendant, un cas relativement rare car c'est une forme héréditaire familiale, alors que 80% sont d'origine alcoolique.

Il mesure 1m88 et pèse seulement 63kg, avec un amaigrissement de 13 kg en un an. Son IMC actuel est de 17,5 en rapport avec un état de maigreur inquiétant. Il a subit une pancréatectomie caudale en 1998 à 27 ans, qui aura pour conséquence une insuffisance endocrine importante, avec survenue d'un diabète insulinodépendant depuis 2009.
Ses habitudes alimentaires confirment la présence de grignotages (sodas sucrés, sandwichs industriels, paninis) et de consommation d'alcool de façon modérée mais régulière, alors que même une consommation très faible d'alcool est très toxique pour son pancréas. C'est à ces occasions que surviennent de nouvelles crises douloureuses de pancréatite qui s'étendent à chaque poussée, mettant la vie du patient en danger.

Le médecin de gastro-entérologie m'a demandé de prendre en charge Xavier trois jours après une hospitalisation pour poussée de pancréatite chronique. La ration prescrite est de 2500 Kcal par jour, avec une répartition glucidique équilibrée.

L'objectif de la prise en charge de Xavier était triple  :

  1. rétablir ses glycémies en lui apportant un apport énergétique total suffisant par des collations adaptées à ses goûts
  2. l'aider à stopper sa consommation d'alcool qui ne fait qu'aggraver les lésions de son inflammation pancréatique
  3. adapter les quantités et la répartition des glucides dans sa ration.

Je lui ai prescrit un régime avec des pourcentages de nutriments à respecter de façon très stricte :
  • une augmentation des protéines afin de combler les pertes musculaires dues à sa perte de poids
  • un pourcentage de glucide fixe afin d'équilibrer son diabète, et une importance d'un % de glucides fixe par repas en adéquation avec son traitement insulinique

Les résultats ont été très encourageants : Xavier a repris 5,5 kg lors de son séjour à l'hôpital. Il a pris conscience que pour empêcher une évolution rapide des complications de son diabète, un régime alimentaire contrôlé en sucre était indispensable, même s'il a encore besoin de reprendre du poids.

Xavier respecte désormais une hygiène de vie qui va ralentir les risques d'apparition des complications du diabète comme les maladies cardio-vasculaires, AVC, artériosclérose de cécité, insuffisance rénale, comas hypoglycémiques...

Dans un cas aussi aigu - où la vie du patient à terme est en jeu, le diététicien devient un véritable partenaire du médecin traitant, pour l'établissement des rations, le suivi physiologique et également psychologique


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Un régime sensé ne doit interdire aucun groupe d'aliments